Conférenciers pléniers

Conférenciers pléniers

Anne Coldiron

« Translation, Paratext, Design: Languages of the Early Modern Book »

20 juillet, 17h45-18h45, BnF – Grand Auditorium

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A. E. B. Coldiron (docteur de l’Université de Virginie) est Professeur d’études anglaises et de français à l’Université d’État de Floride, où elle dirige le programme en histoire des technologies de l’imprimé (hott.fsu.edu). Anne Coldiron est spécialiste de littérature du Moyen Âge tardif et de la Renaissance. Sa recherche porte plus particulièrement sur les relations littéraires entre la France et l’Angleterre, la poétique, la traduction, et les débuts de l’imprimerie.

Dans son dernier ouvrage, Printers Without Borders: Translation and Textuality in the Renaissance (Cambridge University Press, 2015), Anne Coldiron examine la manière dont les premiers imprimeurs et traducteurs anglais se sont appropriés des textes d’origine étrangère, et analyse leurs réactions complexes et leur résistance à ces textes. Un précédent ouvrage, English Printing, Verse Translation, and the Battle of the Sexes, 1476-1557 (Ashgate, 2009), s’intéressait aux traductions populaires en vers de discours français sur le genre, publiées durant les premières décennies du développement de l’imprimerie en Angleterre. Dans son premier livre, Canon, Period, and the Poetry of Charles of Orleans: Found in Translation (University of Michigan Press, 2000), Anne Coldiron examinait l’œuvre abondante et trilingue d’un poète français du 15ème siècle, Charles d’Orléans, remettant en cause la périodisation et le canon littéraires traditionnels.

Les essais d’Anne Coldiron sur des auteurs tels que Chaucer, Christine de Pizan, Spenser, Sidney, Shakespeare, Donne et Milton portent sur des questions de poétique, de traduction, d’étude textuelle, et sur une approche comparative et historiciste de l’histoire littéraire. Ils ont été publiés dans des ouvrages collectifs et de nombreuses revues scientifiques, dont Comparative Literature ; Yale Journal of Criticism ; Journal of English and Germanic Philology ; Chaucer Review ; Spenser Studies ; Milton Quarterly ; Cahiers Charles V ; Translation & Literature ; Translation Studies ; Criticism ; Renaissance Studies.

Anne Coldiron a reçu deux bourses du National Endowment for the Humanities, plusieurs bourses de la Folger Shakespeare Library, une allocation de recherche ATLAS, et une bourse Kluger de la Bibliothèque du Congrès. Elle a été invitée à donner des conférences aux Etats-Unis (Bibliothèque du Congrès et Folger Shakespeare Library à Washington, Institut NIDA à New York, Université du Connecticut, Université Columbia, Université de Pennsylvanie, Université de Californie), en Grande-Bretagne (Universités d’Oxford, de Cambridge, de St Andrews), et en France (Université de Paris, CNRS).

En 2014-15, elle a dirigé le séminaire sur la traduction pendant la Renaissance et le début de l’époque moderne à l’Institut Folger à Washington. Elle prépare actuellement la publication de Christine de Pizan in England 1478-1549 (Modern Humanities Research Association, MHRA) et d’un numéro double du Philological Quarterly consacré à la traduction au début de l’époque moderne. Elle donnera une conférence plénière à l’Université de Londres à l’automne 2016 (sur les traducteurs et les imprimeurs dans l’Europe de la Renaissance), ainsi que d’autres conférences dans les Universités de Bristol et de York. En janvier 2017, elle prononcera la conférence annuelle MacLean devant l’Association internationale d’études spensériennes pendant le congrès annuel du MLA (Modern Language Association) à Philadelphie.

 

Antoine Compagnon

« Ma langue d’en France »

18 juillet, 16h30-18h00, BnF – Grand Auditorium

Antoine Compagnon

Antoine Compagnon, né en 1950 à Bruxelles, est professeur au Collège de France depuis 2006, titulaire de la chaire de « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie » ; il enseigne aussi à l’Université Columbia de New York depuis 1985. Ancien élève de l’École polytechnique (1970), ingénieur des Ponts et Chaussées (1975), il est docteur d’État ès lettres (1985).

Ses principaux ouvrages sont La Seconde Main ou le travail de la citation (Seuil, 1979), Nous, Michel de Montaigne (Seuil, 1980), La Troisième République des Lettres (Seuil, 1983), Proust entre deux siècles (Seuil, 1989), Les Cinq Paradoxes de la modernité (Seuil, 1990), L’Esprit de l’Europe, en collaboration (Flammarion, 1993), Chat en poche : Montaigne et l’allégorie (Seuil, 1993), Connaissez-vous Brunetière ? (Seuil, 1997), Le Démon de la théorie (Seuil, 1998), Baudelaire devant l’innombrable (PUPS, 2003), Les Antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes (Gallimard, 2005, prix Pierre-Georges Castex de l’Académie des sciences morales et politiques, prix de la critique de l’Académie française), La Littérature, pour quoi faire ? (Collège de France / Fayard, 2007), Le Cas Bernard Faÿ. Du Collège de France à l’indignité nationale (Gallimard, 2009), La Classe de rhéto (Gallimard, 2012), Un été avec Montaigne (France Inter / Éd. des Équateurs, 2013), Une question de discipline (Flammarion, 2013), Un été avec Baudelaire (France Inter / Éd. des Équateurs, 2015), Petits Spleens numériques (Éd. des Équateurs, 2015), L’Âge des lettres (Gallimard, 2015).

Il a donné des éditions de Proust, Du côté de chez Swann (Gallimard, « Folio », 1988), Sodome et Gomorrhe (Gallimard, « Pléiade », 1988, et « Folio », 1989), Carnets, en collaboration (Gallimard, 2002) ; Albert Thibaudet, Réflexions sur la politique (Robert Laffont, « Bouquins », 2007), Réflexions sur la littérature (Gallimard, « Quarto », 2007) ; Paul Bourget, Le Disciple (Le Livre de Poche, 2010) ; La Grande Guerre des écrivains (Gallimard, « Folio », 2014).

Il a été pensionnaire de la Fondation Thiers (1975-1978), maître de conférences à l’École polytechnique (1978-1985), professeur à l’Institut français du Royaume-Uni, Londres (1980-1981), maître-assistant, puis maître de conférences, à l’Université de Haute-Normandie, Rouen (1981-1985), Visiting Professor à l’Université de Pennsylvanie, Philadelphie (1986 et 1990), Fellow de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation (1988), professeur à l’Université du Maine, Le Mans (1989-1990), Visiting Fellow à All Souls College, Oxford (1994), professeur à l’Université Paris IV-Sorbonne (1994-2006), Eminent Scientist de la Japan Society for the Promotion of Science (2009).

Il a été secrétaire général de l’Association internationale des études françaises (1998-2008), membre du Conseil national des universités (1999-2003), du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (2002-2007), du Conseil supérieur de l’éducation (2003-2007), président de l’Association pour la qualité de la science française (2004-2010), président du conseil scientifique de l’École normale supérieure (2007-2010), président de la commission Littérature classique et critique littéraire du Centre national du livre (2008-2010), membre du Haut Conseil de l’éducation (2006-2011), membre du Haut Conseil de la science et de la technologie (2006-2013), directeur de l’UPS 3285 « République des lettres » du CNRS (2009-2013), membre du conseil de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (2011-2014). Il est directeur de l’USR 3608 « République des savoirs » du CNRS depuis 2014, président de l’Association internationale des études françaises depuis 2014, membre du conseil d’administration de la Bibliothèque nationale de France depuis 2013 et président du conseil scientifique depuis 2015.

Membre de l’American Academy of Arts and Sciences (1997) et de l’Academia Europaea (2006), membre correspondant de la British Academy (2009), docteur honoris causa de King’s College, Londres (2010), de l’université de Liège (2013), lauréat du prix Claude Lévi-Strauss de l’Académie des sciences morales et politiques (2011), il est chevalier de la Légion d’honneur, officier dans l’ordre national du Mérite, officier des Arts et lettres, commandeur des Palmes académiques.

 

David McKitterick

« Rare books and the languages of value »

19 juillet, 17h45-18h45, BnF – Grand Auditorium


Picture 147David McKitterick, professeur et membre de la British Academy, a été bibliothécaire de Trinity College à Cambridge de 1986 à septembre 2015, date à laquelle il a pris sa retraite. Il est vice-président de Trinity College. Il a donné de nombreuses conférences prestigieuses : les conférences Lyell à Oxford en 1999, Sanders à Cambridge en 2000 et les Panizzi lectures à la British Library en 2015. En 2005, il a reçu la médaille d’or de la Société de bibliographie (Bibliographical Society, Londres). Il est l’auteur des ouvrages de référence sur l’histoire de la bibliothèque universitaire de Cambridge (Cambridge University Library, 1986), et sur les presses universitaires de Cambridge (A History of Cambridge University Press, 3 volumes, 1992-2004). Il a publié de nombreux ouvrages et articles allant de l’histoire des bibliothèques à la conception graphique du livre au 20ème siècle. Son ouvrage Old Books, New Technologies; the Representation, Conservation and Transformation of Books since 1700 (2013) a reçu le prix SHARP d’histoire du livre en 2014. Il est l’un des responsables éditoriaux de la série Cambridge History of the Book in Britain, dont il a dirigé le volume 6 (1830-1914).

 

Nous aurons également l’honneur de consacrer une table ronde à Roger Chartier le 21 juillet de 17h à 18h45, BnF – Grand Auditorium.

indexRoger Chartier est Professeur au Collège de France, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et Annenberg Visiting Professor in History à l’Université de Pennsylvania. Sa chaire au Collège de France a pour intitulé « Ecrit et cultures dans l’Europe moderne » et elle fut inaugurée en 2007 par une leçon dont le titre était Ecouter les morts avec les yeux.

Les trois derniers livres de Roger Chartier (Cardenio entre Shakespeare et Cervantès, L’œuvre, l’atelier et la scène et La main de l’auteur et l’esprit de l’imprimeur XVIe-XVIIIe siècle) ont porté l’attention sur la circulation des œuvres littéraires entre langues, entre genres et entre contextes de réception. Un thème essentiel en est la diffusion et les appropriations de Don Quichotte par les dramaturges des XVIIe et XVIIIe siècles, aussi bien en Angleterre (avec le Cardenio perdu de Shakespeare et Fletcher, représenté à la Cour en 1613 et connu seulement par sa réécriture par Lewis Theobald en 1727), qu’en Espagne, en France et au Portugal. Ses études sur Cervantès et Shakespeare, séparés pu réunis, se sont attachées aux modes de publication de leurs œuvres, à la thématique de la mémoire qui les hante, ou aux représentations de la culture écrite de leur temps, sources de multiples effets poétiques, dramatiques ou comiques.

Cet intérêt pour les migrations textuelles a débordé ce seul cas et a inspiré des recherches sur les traductions dans les différentes langues européennes d‘œuvres majeures de la première modernité (Le Corteggiano de Castiglione, la Brevísima Relación de la destrucción de las Indias de Las Casas, l’Oráculo manual de Gracián) ou sur la manière dont les dramaturges se sont emparés des chroniques pour porter sur les scènes de puissantes représentations du passé (ainsi avec la « comedia » Fuente Ovejuna de Lope de Vega).

Ces études, toutes situées au croisement de la critique textuelle, de l’histoire culturelle et de la bibliographie, ont pris appui sur des travaux voués à l’histoire du livre et de l’écrit, à la culture populaire et à l’histoire de la lecture. Ces recherches ont été jalonnées par la publication de grandes entreprises collectives (ainsi, les quatre volumes de l’Histoire de l’Edition Française ou l’Histoire de la lecture dans le monde occidental) et la publication d’ouvrages personnels (comme Lectures et lecteurs dans la France de l’Ancien Régime, Les Origines culturelles de la Révolution française, Culture écrite et société. L’ordre des livres (XIVe-XVIIIe siècles) ou Inscrire et effacer. Culture écrite et littérature (XIe-XVIIIe siècle).

Ce travail a été constamment accompagné par une réflexion sur les relations entre les diverses disciplines des sciences humaines et sociales et par une permanente interrogation sur le statut de l’histoire, toujours pensée comme écriture et comme connaissance. Dans cette perspective, l’approche a porté sur la confrontation entre les différentes traditions historiographiques, sur les dialogues noués entre l’histoire, la critique littéraire et la philosophie, et sur les paradigmes successivement proposés aux historiens (longue durée, microhistoire, histoires connectées). Ces réflexions, qui ont nourri essais et ouvrages, en particulier Au bord de la falaise. L’histoire entre certitude et inquiétude, ont constitué le socle nécessaire pour l’analyse des œuvres et des pratiques les plus fondamentales de la culture écrite européenne de la première modernité.